Novgorod ou la Russie oubliée

Novgorod ou la Russie oubliée, ouvrage dirigé par Philippe Frison et Olga Sevastyanova. Illustration de couverture : «Les hôtes d'outre-mer», Nicholas Roerich, 1901.

Format 21,5 x 26 cm.
ISBN : 979-10-92364-15-6
Prix : 59 euros
ISSN : en cours d'attribution
Mise à disposition du public : 20 mars 2015

Le présent ouvrage réunit les contributions de spécialistes universitaires, aussi bien nord-américains qu'européens, en une synthèse agrémentée de diverses cartes et illustrations, qui voudrait présenter au grand public les différentes facettes de cette page d'histoire remarquable, mais trop souvent oubliée, du Nord-est de la Rous' médiévale. Du XIIe au XVe siècles, Novgorod-la-Grande, dont le territoire s'étendait jusqu'à la mer Blanche et à l'Oural, était au carrefour des mondes scandinave, occidental, mongol et byzantin. Elle traitait quasiment d'égal à égal avec les puissances commerciales et politiques de son temps. Elle fut à la fois un important foyer culturel, artistique aussi bien qu'économique, un incontournable comptoir de la Hanse, et un centre dont les produits (fourrures, cire...) étaient diffusés dans toute l'Europe. De nombreux monastères marquèrent la cité de leur empreinte et les arts virent fleurir une école d'icônes, une tradition musicale propre, un genre particulier d'épopée : les bylines, notamment celle du négociant Sadko, joueur de gousli auprès du roi des mers.

Pendant les trois siècles que dura son rayonnement, la ville avait connu un régime républicain original, formé par un gouvernement mixte associant les boyards aux assemblées populaires, sans le soutien duquel le prince ne pouvait prendre aucune mesure importante. Elle se dota même, par la suite, d'un organe d'État représentatif indépendant, le vetché, qui choisissait et révoquait son prince, désignait son archevêque : un système de contre-pouvoirs, appuyé sur une diplomatie qui pratiquait une politique de bascule, dans le souci de préserver l'indépendance de la cité, d'assurer sa prospérité, de favoriser son rayonnement. Suscitant pourtant la convoitise de ses voisins (chevaliers teutoniques, Suédois, Lituaniens et principautés russes alentour), elle fut finalement conquise par la Moscovie en 1478.

Que reste-t-il aujourd'hui de cette page originale et méconnue de l'histoire européenne ? La démocratie est parfois présentée comme source de désordre et d'anarchie, si bien qu'une certaine école laisse entendre qu'elle ne serait pas adaptée à la Russie, censée devoir être gouvernée d'une main de fer. Au contraire, le livre tend à montrer, à travers son approche plurielle et décentralisée, que les Russes ont connu une expérience prolongée de la démocratie, qui mérite d'être largement valorisée auprès du grand public. Et ce livre de suggérer que, cette histoire, si elle n'était plus oubliée, pourrait peut-être permettre un jour à la Russie de se tourner à nouveau vers Novgorod.

Olga Sevastyanova, historienne formée à Saint-Pétersbourg, Paris et Zurich, est docteur « summa cum laude » de l'université de Zurich, après avoir soutenu une thèse sur L'identité politique de la population de la République de Novgorod entre les XIIe et XVe siècles. Elle est notamment l'auteur de deux livres sur les libertés politiques et les rapports entre princes et population de Novgorod : Novgorod-la-grande : les préconditions de la liberté politique de Novgorod entre les XIIe et XVe siècles (Lambert Academic Publishing : Saarbrücken, 2012) et Novgorod l'ancienne : les relations du peuple de Novgorod avec les princes des XIIe et XVe siècles (Moscou-Saint-Pétersbourg : Allianz-Archeo, 2011). Elle est actuellement enseignante de russe, d'histoire, de littérature et de culture russes.

Philippe Frison, traducteur et interprète de conférence, est licencié en droit de l'Université de Strasbourg. Titulaire d'un DEA de russe de Paris-IV, il enseigne la traduction russe-français à l'ITIRI (Université de Strasbourg). Il a notamment traduit le roman La montagne éternelle de l'écrivain ouzbek Mamadali Mahmoudov (2008), et établi et traduit un recueil de contes tchétchènes (Fayard, 2002).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liste des contributeurs

Jean-Pierre Arrignon, professeur, docteur honoris causa de l'Université de Iaroslavl.

Philippe Frison, chargé d'enseignement, Université de Strasbourg.

Valentin L. Ianine, membre de l'Académie des sciences de Russie, historien et archéologue spécialiste de Novgorod.

Lidia Korczak, maître de conférences à l'Institut d'histoire de l'Université Jagellonne de Cracovie (Pologne).

Jukka Korpela, professeur, directeur du Département d'études géographiques et historiques de l'Université de l'Est de la Finlande.

Roman K. Kovalev, maître de conférences (Associate Professor) d'histoire au College of New Jersey (États-Unis).

Claire Le Feuvre, professeur des universités à l'INALCO (Paris).

Eve Levin, professeur d'histoire au Department of History de l'University of Kansas (États-Unis).

Orest Vl. Martychine, professeur honoraire à l'Académie juridique d'État O.E. Koutafine de Moscou.

Florent Mouchard, docteur en études slaves, Université de Rennes 2.

Michael C. Paul, maître de conférences, spécialiste en histoire russe.

Gertrud Pickhan, professeur à la chaire d'histoire de l'Est de l'Europe centrale de l'Université libre de Berlin.

Vladimir I. Povetkine (1943-2010), musicologue, restaurateur, responsable du Centre d'antiquités musicales de Novgorod.

Olga Sevastyanova, chargée d'enseignement à la School of Divinity, History and Philosophy, University of Aberdeen (Écosse).

Svetlana Sobkovitch, docteur en histoire de l'art byzantin, École Pratique des Hautes Études, Paris.

Catherine R. Squires, professeur à la chaire de philologie allemande et celte de l'Université d'État Lomonossov de Moscou.

Ludwig Steindorff, professeur à l'Institut d'histoire (chaire d'histoire de l'Europe de l'Est et du Sud-Est) de l'Université Christian-Albrecht de Kiel

Thomas Stiglbrunner, actuellement lecteur pour le Service autrichien d'échanges (ÖAD) à l'Université d'État de Moscou (faculté de langues étrangères et
de science régionale). A étudié la slavistique et l'histoire de l'Europe orientale à Vienne, à Moscou et à Novgorod et soutenu en 2012 une thèse de doctorat intitulée « Le quotidien et la communication à Novgorod. Analyse multidisciplinaire d'une ville russe médiévale ».

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