Couteau tranchant pour un coeur tendre de Maria Rybakova

Avec le soutien de l'Institut de la traduction de Moscou


Couteau tranchant pour un coeur tendre de Maria Rybakova

Roman tango sur l'amour passion et la jalousie meurtrière, traduit du russe par Galia Ackerman avec le soutien de l'Institut de la traduction de Moscou.

Format : 14 x 20
ISBN : 979-10-92364-21-7
Prix : 18 euros
Disponible depuis le 28 janvier 2016

Cette histoire parle d’un fleuve, d’une femme tombée amoureuse de ce fleuve, et de leur fils devenu voleur avant de connaître une triste fin. Si on les juge, que diront-ils pour se justifier ? La femme balbutiera : j’ai aimé. Son fils dira : j’ai eu foi. Les eaux du fleuve garderont le silence, mais la loi n’a pas de prise sur elles. À la fin, le voleur voudra écouter le tic-tac d’une montre. La femme demandera la clémence pour son mari, mais oubliera complètement son fils. Le fleuve continuera de couler et pleurera ceux qui sombrèrent dans ses eaux. Ayant pleuré tout son soûl, il se desséchera et s’enlisera dans le sable, et les hommes marcheront dans son lit aride. Je crois aux mots, comme un voyageur fait confiance au fleuve quand il s’y engage en barque. Les mots me portent, et la forêt de la vie des autres se dresse des deux côtés. Où accosterai-je ? Où est celui qui me murmurait des mots d’amour la nuit ? Je ne me souviens ni de son nom ni de la ville où cela s’est passé. En se retournant, le voyageur remarque qu’il ne reconnaît plus le chemin qu’il a parcouru.

Maria Rybakova est née et a grandi à Moscou, lorsque la Russie faisait encore partie de l'Union soviétique. En 1994, à l'âge de vingt ans, elle s'installe à Berlin, où elle poursuit ses études de philologie classique. Sa vie en Allemagne inspire son premier livre, le roman épistolaire Anna Grom et son fantôme (1999). Tout en continuant à écrire ses œuvres de prose en russe, elle a ensuite vécu une vie d'enseignante itinérante aux États-Unis, en Chine et en Thaïlande, avant de s'installer à San Diego. En 2011, elle publie un roman en vers, Gnedich, une composition unique qui a obtenu des prix littéraires à la fois dans la catégorie « prose » et dans la catégorie « poésie ». En France, elle se fait connaître par la publication, aux éditions du Seuil, de la Confrérie des perdants (2006), traduit par Galia Ackerman. Son roman Couteau tranchant pour un cœur tendre, a été nominé en 2012 pour le prix international Jan Michalski.

La collection Le Russe cosmopolite

Dirigée par Galia Ackerman

Galia AckermanLa grande littérature russe a toujours occupé une place de prestige sur le marché du livre en France. Et l'attention fut de nouveau tournée vers cette littérature en 2010 et en 2012, à l'occasion de l'année de la Russie en France, puis de celle des littératures russe et française croisées. Mais la littérature en langue russe du XXe siècle ne peut pas être cantonnée aux œuvres produites en Russie. Pour s'en persuader, il suffit d'évoquer quelques grands noms d'écrivains russes émigrés : Ivan Bounine (prix Nobel de Littérature en 1933), Vladimir Nabokov, Alexandre Kouprine, Alexeï Tolstoï, Marina Tsvetaeva et tant d'autres.

Depuis les années 1970, une nouvelle vague d'émigration a amené d'abord en Israël, puis dans l'ensemble de l'Occident des milliers d'écrivains, de poètes, de peintres, de musiciens, certains expulsés par les autorités soviétiques, d'autres partis volontairement pour échapper au carcan du régime communiste. Ce mouvement s'est poursuivi dans les années post-soviétiques : il concerne des créateurs et des intellectuels qui ont voulu explorer un monde qui leur était inaccessible, saisir des opportunités de carrière ou simplement fuir la nouvelle Russie devenue cynique et violente.

 

En quarante ans, les écrivains d'expression russe installés en Israël, en Allemagne, aux États-Unis, en France ont connu des destins différents. Certains, comme le poète Joseph Brodsky (prix Nobel de la littérature en 1987) et Alexandre Soljenitsyne (prix Nobel de Littérature en 1970) ont bénéficié d'une véritable consécration mondiale. D'autres ont eu un succès international considérable, comme Vassili Axionov, Sergueï Dovlatov, Vladimir Voïnovitch, etc. D'autres encore ont connu un sort plus modeste : des éditions en russe à petit tirage et des traductions dans leur pays d'accueil. Certains de ces écrivains russophones ont fini par retourner en Russie, comme Soljenitsyne ou Voïnovitch, mais la plupart sont restés en Occident.

 

Cette nouvelle émigration est radicalement différente de la vieille émigration russe d'avant la Première Guerre mondiale qui croyait à l'écroulement du régime bolchevik et qui — à l'exception, certes spectaculaire, de Vladimir Nabokov —, ne souhaitait pas s'intégrer dans les pays d'accueil. Cette attitude était aussi souvent celle de l'émigration intellectuelle et artistique des années 1970, trop occupée par le combat anticommuniste.

 

En revanche, une partie de l'émigration des années 1970 et surtout les écrivains émigrés plus récents ont fait un choix différent. S'ils continuent d'écrire en russe, ils sont devenus des citoyens à part entière de leurs pays d'accueil, avec une vision du monde qui découle à la fois de leur expérience russe et de leur intégration dans des sociétés tout à fait différentes. Même leur russe n'est plus celui de la métropole : il a évolué différemment, s'enrichissant des intonations et des rythmes étrangers.

 

Cette littérature, que l'on peut qualifier de « métisse », n'a jamais fait objet d'une collection. Elle recèle pourtant des trésors insoupçonnés, qui apportent un regard nouveau et étonnant aussi bien sur la Russie que sur le vaste monde auquel elle appartient.

 

Galia Ackerman est docteur en histoire (Paris-Sorbonne). D'origine russe elle vit en France depuis 1984. Journaliste à Radio France Internationale (1988-2010) et à la revue Politique Internationale (depuis 1995), elle est chercheur associé à l'Université de Caen. Elle a publié de nombreux articles dans la presse française et est l'auteur de Tchernobyl : retour sur un désastre (Paris, Folio Gallimard, 2007), coauteur de Les Silences de Tchernobyl (Paris, Autrement, 2006) et de Serguei Eisenstein. Dessins secrets (Paris, Le Seuil, 1999), du Dictionnaire du communisme (Paris, Larousse, 2007) ou de Droits humains en Russie (Paris, Autrement, 2010). Galia Ackerman est également traductrice d'une soixantaine d'ouvrages de fiction et d'essais (du russe en français), dont ceux de Mikhaïl Gorbatchev, Anna Politkovskaïa, Viktor Pelevin, Svetlana Alexievitch, Dimitri Bykov, Alexandre Zinoviev ou Serguei Paradjanov.

À paraître dans la collection Le Russe cosmopolite : Couteau aiguisé pour un coeur tendre de Maria Rybakova.

 

 

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